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Courrier / Communications

Dialogue entre scientifiques et politiques à propos de climat: une heureuse initiative

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2022.20795
Date de publication: 18.05.2022
Bull Med Suisses. 2022;103(20):680

Dr méd. Jean Martin, Echandens

Dialogue entre scientifiques et ­politiques à propos de climat: une heureuse initiative

Les questions liées au climat et à la biodiversité retiennent de plus en plus l’attention, au plan national et international. Ces débats concernent aussi le corps médical: la FMH a formulé l’an dernier une prise de position opportune et le BMS accueille des courriers et articles y relatifs [1].

Le 2 mai dernier a eu lieu au Palais fédéral une rencontre sur ces enjeux pressants, dont l’objectif était une meilleure connaissance mutuelle des élus politiques et des scientifiques, et spécialement de promouvoir le dialogue entre eux. Ce faisant, les présidences des deux Chambres invitaient leurs collègues à une première, dans une optique de «formation continue» des parlementaires à des problématiques demandant une meilleure prise de conscience – et des actions. Passons sur la vision attristante d’une moitié quasiment vide de l’hémicycle, mais compliments à la dizaine d’élus de droite qui, contrairement à leurs collègues, ont estimé pouvoir améliorer encore leurs connaissances.

Le prof. Marcel Tanner, président des Académies suisses des sciences, a ouvert la réunion. Puis des chercheurs ayant contribué au dernier rapport du GIEC, enseignants des EPF et de plusieurs universités, ont présenté huit thèmes: les quatre premiers sur différentes dimensions de l’état des lieux, les quatre suivants sur les mesures qui doivent être envisagées, rapidement dans toute la mesure du possible [2].

Même si elle n’est qu’un demi-succès, cette rencontre entre politiques et scientifiques, au Parlement même, constitue une nouveauté significative et nécessaire. En principe, des élus doivent s’intéresser à tout ce qui fait la vie de la collectivité et aux défis qui lui sont lancés. Y compris, le cas échéant, aux risques et menaces. A cet égard et s’agissant de climat, on peut imaginer qu’ils n’ont pas plus envie que tout un chacun d’entendre des nouvelles inquiétantes. Or, sur ce front, elles ne manquent pas, ni ne manqueront de s’aggraver, si nous ne réagissons pas fort et vite.

Certains parlementaires auront tendance à dire «chacun son métier: aux scientifiques de chercher, à nous de débattre et décider». Pourtant, des observateurs éminents le soulignent, le problème est que nous ne croyons pas ce que nous savons. C’est plus que préoccupant: comment agir juste si on n’admet pas les faits, si même on n’a pas envie de les connaître? Pour s’entendre sur une approche objective et prendre des mesures basées sur les faits, des occasions périodiques, comme celle du 2 mai, de contact direct entre parlementaires et celles et ceux qui étudient la réalité de notre milieu physique (climat) et biologique (biodiversité) sont précieuses. Personne ne peut plus prendre ces enjeux à la légère.

Références

1 Jaccard René et coll. Quand on veut, on peut. Bull Med Suisses. 2022;103(17):573–4.

2 Inverser la tendance: climat et biodiversité. Swiss Academies Communications. 2022;17(6), 21 pages.

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