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Nécrologie

In memoriam ­Jean-Pierre Guignard (1939 – 2022)

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2022.20790
Date de publication: 25.05.2022
Bull Med Suisses. 2022;103(2122):720

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Le Professeur émérite Dr méd. Jean-Pierre Guignard est décédé le 14 avril dernier des suites d’une longue maladie supportée avec courage et dignité, entouré de sa famille.

Il est né en 1939 à Lignerolles, petite commune du Jura Vaudois. Il est reçu au Collège d’Orbe et continue sa scolarité au Gymnase classique de Lausanne. Son baccalauréat latin-grec en poche, il s’inscrit en médecine à l’Université de Lausanne. Durant ses études, Jean-Pierre Guignard fera des stages à Orbe, à la Policlinique médicale universitaire de Lausanne chez le Professeur Jéquier-Dodge qui le marquera durablement. Vers la fin de ses études, il suit avec passion les cours du Professeur Georges Peters, récemment nommé à la tête de la pharmacologie, chez lequel il fera sa thèse. En 1966, son travail sera récompensé par le prix de Cérenville et vaudra à son auteur la distinction de lauréat de l’Université de ­Lausanne.

La formation postdoctorale de Jean-Pierre Guignard le conduira à Londres dans le département de pharmacologie et thérapeutique du London Hospital Medical College et dans l’Unité de néphrologie clinique du St. Thomas Hospital. Au bénéfice d’une bourse du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), il se rend ensuite dans le département d’anatomie et ­biophysique du Professeur S. M. Friedman puis, à l’invitation du Professeur John H. Dirk, effectuera deux années au Royal Victoria de Montréal. C’est durant cette période que le Professeur Emile Gautier le recrute. Mais il manque à Jean-Pierre Guignard un bagage de néphrologue pédiatre, bagage qu’il acquerra au Centre médical national de Mexico chez le Professeur D. Santos.

En 1972, Jean-Pierre Guignard commence sa carrière de néphrologue pédiatre. Avec le soutien du FNS, il crée un laboratoire de recherche fondamentale et clinique. Dans son unité clinique, il développe la dialyse et entreprend les greffes rénales en collaboration avec le Service de chirurgie pédiatrique. Il accueille 35 médecins boursiers, dirige 33 thèses de doctorat dont 14 seront primées. Plusieurs collègues étrangers choisissent son laboratoire pour leur congé sabbatique. Sa bibliographie compte plus de 500 articles, compte-rendus, lettres à l’éditeur, livres et chapitres de livres. Il est membre fondateur de l’European Society for Developmental Pharmacology. Il développe un modèle sur le lapereau qui lui permet de comprendre la physiologie rénale des enfants prématurés. Ces travaux soutenus par le FNS seront récompensés par le Prix Guido Fanconi en 1983.

Il n’est pas possible de présenter le Professeur Jean-Pierre Guignard sans parler de son engagement pour une plus grande justice sociale: c’est au sein de la Centrale sanitaire suisse (CSS) qu’il trouvera l’environnement le plus favorable pour son action de médecin ­engagé. Il accueillera dans le Service de pédiatrie des médecins vietnamiens. Dans le cadre de la CSS, il ­apportera durant et après la guerre du matériel médical et des médicaments à des hôpitaux vietnamiens ­démunis de tout.

Ce survol de la carrière du Professeur Guignard serait incomplet si l’on ne citait pas un trait de sa personnalité qui a contribué sans aucun doute à son succès: c’est son sens de l’amitié et de la fête. Personne ne restait indifférent devant son charme, sa générosité, la chaleur de son regard, la vigueur de sa poignée de main. Ses collaborateurs, ses élèves, ses collègues, ses patients et leur famille deviendront pour la plupart des amis ­fidèles qui ne l’oublieront pas.

Dr méd. Jean-Marie Matthieu, Professeur émérite de l’Université de Lausanne, ancien médecin-chef au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV)

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