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Société Suisse de Psychiatrie et Psychothérapie du Sport (SSPPS)

Curriculum en psychiatrie et ­psychothérapie du sport: niveau 1

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2022.18863
Date de publication: 23.03.2022
Bull Med Suisses. 2022;103(12):385-387

Malte Christian Claussena, Christian Imbodenb, Erich Seifritzc, Ulrich Hemmeterd, Carlos Gonzalez Hofmanne

a Dr méd., co-président, Société Suisse de Psychiatrie et Psychothérapie du Sport (SSPPS), directeur médical du sport psychiatrie et psychothérapie, clinique de psychiatrie, psychothérapie et médecine psychosomatique, Clinique Psychiatrique Universitaire de Zurich et Privatklinik Wyss AG et Services Psychiatriques Grisons; b Dr méd., EMBA, membre du conseil et caissier SSPPS, directeur médical et président de la la direction de la clinique, Privatklinik Wyss AG; c Prof. Dr méd., membre du conseil et chef de département recherche et enseignement SSPPS, professeur titulaire de psychiatrie, Université de Zurich, médecin-chef et directeur de la clinique, clinique de psychiatrie, psychothérapie et médecine psychosomatique, Clinique Psychiatrique Universitaire de Zurich; d PD Dr méd. Dr phil., co-président et chef de département psychiatrie et psychothérapie gériatrique SSPPS, médecin-chef Psychiatrie St. Gallen Nord; e Dr méd., membre du conseil, actuaire, chef de département psychiatrie et psychothérapie d’adultes et directeur de groupe de travail Curriculum SSPPS, cabinet de psychiatrie et psychothérapie Romanshorn

Le bien-être psychique et la performance sportive sont étroitement liés. Or les compétences approfondies en la matière font encore défaut dans les programmes de formation continue en psychiatrie et psychothérapie ou en médecine du sport. La Société Suisse de Psychiatrie et Psychothérapie du Sport (SSPPS) propose à partir du 1.4.2020 le certificat «Soins de base en psychiatrie et psychothérapie du sport» [1, 2].

Dans notre société marquée par le manque d’activité physique, il est très important de pratiquer du sport et une activité physique dans une juste mesure tout au long de la vie. Cela vaut en général pour un mode de vie sain, par exemple pour le bien-être physique et l’équilibre intérieur. En particulier, la thérapie par le sport et l’activité physique peut être un complément précieux à d’autres approches thérapeutiques, notamment pharmacologiques ou psychothérapeutiques, dans le cadre de la prévention, de la thérapie et de la rééducation de maladies et de troubles psychiques et physiques [3]. D’autre part, elles peuvent également se présenter comme une alternative pour certains types de troubles. Les exigences du sport de compétition supposent une évaluation et une gestion sûres des contraintes et des risques pour la santé psychique, tout comme dans le diagnostic et le traitement de maladies psychiques déjà subcliniques [4]. 

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© Fitsum Admasu / Unsplash

Dans le domaine de la compétition, ce sont surtout les jeunes, les adolescents et les adultes qui pratiquent activement un sport. La période qui suit la fin de la carrière sportive concerne principalement les adultes et les personnes âgées. La santé mentale dans le sport de compétition est un facteur de performance pendant la carrière sportive active et est également importante après la fin de la carrière. Le bien-être psychique et la performance (sportive) sont étroitement liés [5]: les contraintes et les maladies psychiques dans le sport peuvent avoir une influence sur la per­formance et les risques de blessures et prolonger la ­rééducation, tandis que les blessures ont à leur tour une influence sur la performance et constituent des contraintes et des risques pour la santé psychique. Les connaissances et compétences approfondies nécessaires à cet égard ne sont pas encore intégrées dans les programmes de formation continue en psychiatrie et psychothérapie ou en médecine du sport. Les exigences de base d’une discipline spécialisée en psychiatrie et psychothérapie du sport et de ses champs d’activité tout au long de la vie découlent des nécessités et des réalités du sport de compétition et de la population générale. Le curriculum en psychiatrie et psychothérapie du sport doit permettre d’approfondir les connaissances psychiatriques déjà acquises et les compétences développées.

Des connaissances de base à l’expertise

La participation à la formation postgraduée curriculaire de niveau 1 ne s’adresse pas uniquement aux «spécialistes en psychiatrie et psychothérapie d’enfants et d’adolescents» et aux «spécialistes en psychiatrie et psychothérapie», mais aussi aux médecins en formation postgraduée en psychiatrie et psychothérapie, aux médecins du sport (avec spécialisation interdisciplinaire) et aux psychothérapeutes psychologues. Les connaissances et les compétences en matière de psychiatrie et de psychothérapie du sport sont également importantes pour les médecins du sport et les psychothérapeutes psychologues. L’accès de la médecine du sport au cursus souligne que la psychiatrie et la psychothérapie du sport ne font pas seulement partie des spécialités et des disciplines psychiatriques, mais également de la médecine du sport en tant que discipline transversale.

La participation au niveau 1 du curriculum permet d’acquérir des connaissances de base solides. Il s’agit d’atteindre des objectifs d’apprentissage définis qui permettent aux personnes ayant suivi le cursus de dispenser des soins de base en matière de psychiatrie et de psychothérapie du sport.

Niveau 1 – Soins de base

Le curriculum de niveau 1 représente 80 heures ou crédits. L’accent est mis sur l’acquisition de connaissances de base solides, la partie théorique étant accompagnée d’expériences pratiques et d’intervision ou de supervision. Des objectifs d’apprentissage sont définis pour les connaissances de base et l’expérience pratique nécessaires. Le curriculum doit pouvoir être suivi en trois ans et peut être effectué parallèlement à l’activité clinique. Pour l’obtention du certificat, il est nécessaire de justifier d’un nombre d’heures minimales (tab. 1). Tous les contenus exigés doivent être acquis de manière autonome et documentés dans un journal de bord et justifiés par des preuves. Il est possible de valider jusqu’à 10 points de FMC par le biais de plateformes d’apprentissage en ligne ou de formations continues dans des revues.

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Tableau 1: Curriculum en psychiatrie et psychothérapie du sport niveau 1: champs thématiques.

Pour la reconnaissance des connaissances acquises ­(attribution de crédits), il est nécessaire d’apporter la preuve de la participation à des formations postgraduées et continues, auprès de formateurs postgradués et continus accrédités par la SSPPS et de manifestations qualifiées en conséquence. Cela peut également concerner des manifestations organisées par d’autres sociétés de discipline médicale, instituts, cliniques, etc. reconnus par la SSPPS. 

Les demandes de reconnaissance des prestations curriculaires fournies en vue de l’obtention du certificat «Soins de base en psychiatrie et psychothérapie du sport» sont examinées par une commission qui vérifie leur exactitude et leur exhaustivité. Si les conditions d’obtention du certificat sont remplies, les personnes mandantes se voient délivrer le certificat. Les demandes ne répondant pas aux critères peuvent être rejetées dans leur intégralité ou être assorties d’une obligation de requalification. La recertification a lieu après 5 ans. Il faut justifier de 30 heures conformément au curriculum.

Le curriculum pour le certificat «Soins de base en psychiatrie et psychothérapie du sport SSPPS» débute le 1.4.2020. Une réglementation transitoire limitée dans le temps, au sens d’une garantie des droits acquis des prestations déjà fournies, est mise en place pour une durée de trois ans (jusqu’au 31.3.2023). Le certificat peut être obtenu par autodéclaration dans le cadre d’une procédure simplifiée. Les preuves apportées ou l’autodéclaration sont comparées aux contenus du journal de bord du curriculum. Un premier cours en Suisse est prévu du 26 au 29 mai et du 17 au 19 juin 2022.

Perspectives d’avenir: les niveaux 2 et 3

Le niveau 2 du curriculum («Psychiatrie et psychothérapie du sport clinique et pratique») se fonde sur les connaissances et les compétences acquises au niveau 1. L’accent est mis sur l’application de la thérapie par le sport et l’activité physique à la prévention et au traitement des troubles et maladies psychiques (fig. 1). L’accent est également mis sur l’acquisition d’expériences pratiques dans l’application de la thérapie par le sport et le mouvement. Le niveau 2 comprend 80 heures supplémentaires de formation continue, ce qui porte le ­total à 160 heures.

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Figure 1: Curriculum en psychiatrie et psychothérapie du sport niveaux 1–3. 1: Psychiatrie et psychothérapie pour enfants et adolescents et/ou psychiatrie et psychothérapie. La condition préalable à l’acquisition des «soins de base en psychiatrie et psychothérapie du sport» est la reconnaissance de la spécialisation; 2: avec reconnaissance de la spécialisation dans une discipline de soins directs aux patients; 3: avec formation postgraduée clinique achevée.

Le niveau 3 du curriculum («Psychiatrie et psychothérapie du sport») se base sur le niveau 2. Il s’agit d’acquérir des compétences et un savoir-faire pratiques spécifiques en matière de psychiatrie et de psychothérapie du sport, dans le sens du diagnostic, de la thérapie et de la rééducation des sportifs de haut niveau, en tenant compte des aspects interdisciplinaires (notamment en ce qui concerne la médecine du sport et la psychologie du sport). Il s’agit en outre d’acquérir une expérience pratique de la psychiatrie et de la psychothérapie du sport dans le sport de compétition. Le niveau 3 comprend 80 heures de formation continue supplémentaires, ce qui porte le total à 240 heures. Elle doit répondre aux exigences d’un certificat de spécialisation, avec pour objectif une désignation de formation appro­fondie.

L’essentiel en bref

• Les contraintes et les maladies psychiques dans le sport peuvent avoir une influence sur la performance et les risques de blessures et prolonger la rééducation. Les blessures ont à leur tour un impact sur la performance et constituent des contraintes et des risques pour la santé psychique.

• La participation à la formation postgraduée curriculaire de niveau 1 ne s’adresse pas uniquement aux «spécialistes en psychiatrie et psychothérapie d’enfants et d’adolescents» et aux «spécialistes en psychiatrie et psychothérapie», mais est également ouverte aux médecins en formation postgraduée en psychiatrie et psychothérapie, aux médecins du sport et aux psychothérapeutes psychologues.

• Pour l’instant, le cours n’est proposé qu’en allemand.

Adresse de correspondance

c.gonzalez-hofmann[at]hin.ch

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