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FMH

Il est de la magie en tout ­commencement

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2021.19657
Date de publication: 03.03.2021
Bull Med Suisses. 2021;102(09):313

Monika Brodmann Maeder

Dre méd., p.-d., présidente de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM)

Le 1er février 2021, j’ai eu l’honneur de succéder à ­Werner Bauer à la présidence de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM). Après quinze années passées dans un service d’urgences ­universitaire très dynamique, je prends du recul par rapport à la pratique clinique. C’est le sac plein d’expérience et de compétences que j’arrive dans une organisation dont les tâches et les attributions ont beaucoup gagné en volume et en complexité durant onze ans d’existence. Ses trente collaborateurs sont chargés de l’octroi des titres (spécialiste, formation approfondie, formation complémentaire) et de la révision des programmes de formation postgraduée et continue. Ils ­organisent les visites d’établissements et les congrès, évaluent les projets de formation postgraduée et continue, remettent les prix et distinctions et décident de l’octroi des subventions. Je suis impressionnée non seulement par la variété des tâches accomplies, mais aussi par l’engagement de tous. Toutes ces activités relèvent de la stratégie de l’ISFM, qui se conçoit comme «le garant de la formation médicale postgraduée et continue» et qui «sur mandat de la Confédération, veille à ce que les médecins bénéficient et continuent de bénéficier d’une formation postgraduée et continue de qualité élevée axée sur les besoins de la population» [1]. L’ISFM assume de concert avec les sociétés de discipline l’entière responsabilité de la formation postgraduée et continue des médecins en Suisse. C’est là un positionnement tout à fait unique en Europe.

De nombreuses activités ont été standardisées et numérisées ces dernières années. L’ISFM gère une plateforme en ligne sur laquelle les médecins peuvent saisir leur formation continue et imprimer eux-mêmes leurs diplômes. Le module principal du nouveaulogbook électronique pour la formation postgraduée a certes pris du retard, du fait du surcroît de travail exigé par la pandémie de coronavirus, mais il devrait être mis en ligne dans les mois qui viennent. La transformation numérique sera toutefois loin d’être achevée, les prochaines étapes consistant à mettre en place la saisie codée des procédures et à passer à un format numérique pour l’enquête sur les établissements de formation.

Les thèmes les plus en vue dans le domaine de la formation postgraduée sont l’enseignement axé sur les compétences, la continuité entre formation prégraduée et formation postgraduée, ou encore la mise en valeur du travail des formateurs en milieu hospitalier. L’intégration des EPA (Entrustable Professional Activities) dans les programmes de formation postgraduée continuera non seulement de nous occuper nous autres, ­formateurs médicaux, mais également de donner des maux de tête à nos juristes: comment faire en effet pour les intégrer dans les programmes existants, et pour vérifier et refléter les compétences qu’elles permettent d’acquérir?

En matière de formation continue, les discussions se poursuivent sur la manière de prodiguer les formations dans le cadre du Continuing Professional Development, sur la façon de documenter les cursus suivis et sur la nécessité d’un contrôle [2]. Dans ce domaine aussi, il faut se demander dans quelle mesure il conviendrait d’opter pour un enseignement axé sur les compétences.

L’objectif de l’ISFM est que les médecins acquièrent les compétences indispensables pour leur titre de spécialiste dans le cadre de leur formation postgraduée, puis qu’ils soient à même d’entretenir et d’élargir ces compétences par le biais de cursus de formation continue. Autrement dit, il faut qu’ils continuent d’apprendre tout au long de leur vie. Et pas seulement qu’ils comprennent la nécessité d’actualiser et approfondir sans cesse leurs connaissances dans leur domaine de spécialisation, mais conser­vent aussi la motivation de le faire. Pour cela, il faut qu’ils bénéficient d’une offre de formation continue adéquate et qu’ils documentent et déclarent les cursus suivis. L’ISFM continuera de s’investir pour que la Suisse puisse compter sur des médecins hautement qualifiés.

Le démarrage à l’ISFM s’est bien passé et la magie continue d’opérer. Consciente que le chemin est encore long, je conclurai par ces mots de Pétrarque: «Car je n’éprouve pas d’autre plaisir que celui d’apprendre.»

Références

1 Stratégie de l’Institut suisse pour la formation médicale post­graduée et continue. Version 5. ISFM; novembre 2018.

2 Ärztliche Fortbildung in der Schweiz: Standortbestimmung und Perspektiven. ISFM: septembre; 2020 (en allemand seulement).

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