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FMH

La première année

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2020.19469
Date de publication: 16.12.2020
Bull Med Suisses. 2020;101(5152):1717

Ursina Pally Hofmann

Dre iur., Secrétaire générale de la FMH

Devinez à quoi je fais référence? Voici bientôt un an qu’un hôte indésirable se réplique et se diffuse parmi nous. Vous vous souvenez peut-être de mon éditorial de l’année dernière, qui traitait des opportunités et des risques; risques réels qu’on le veuille ou non. Qui aurait pensé à l’époque, que cela puisse nous arriver? Ce n’est pas faute d’y avoir cru ni faute de s’y être préparés, mais lorsque le risque se réalise, le manque de préparation devient flagrant car rien ne se passe comme prévu. Et la douche a été plutôt froide.

Or tout cela s’est déroulé dans des conditions presque parfaites, contrairement à d’autres régions du monde. La sensation éprouvée est pourtant tout sauf agréable, nous avons été touchés de plein fouet.

Que pouvons-nous apprendre de cet événement sur le plan personnel et sociétal? Depuis l’irruption de la pandémie, sommes-nous conscients du fragile équilibre que nous entretenons envers de nombreux aspects de la vie humaine? Savons-nous à quel point nous pouvons nous sentir déboussolé-e-s et impuissant-e-s? Ou continuons-nous de croire que tout va reprendre comme avant, dès que cet intrus aura été éradiqué ou contrôlé? Une pensée séduisante que rien ne semble justifier.

En avons-nous tiré des leçons? Sur le plan personnel peut-être, car nous avons pris conscience des limites et des peurs les plus douloureuses ou peut-être même que nous avons été confortés dans notre appréciation de nous-mêmes.

On peut néanmoins espérer que cet apprentissage n’aura pas eu lieu qu’à un niveau individuel. Notre conscience commune pourrait avoir grandi et s’être ­aiguisée: nous savons entretemps qu’un risque, de quelque nature qu’il soit, peut nous impacter aussi ­subitement que durement. En disant cela, je ne me réfère pas seulement à la conscience grandissante d’une nouvelle vague ou d’une autre pandémie. Il est des risques de toute autre nature qui peuvent également occasionner des dégâts considérables. Que se passerait-il si le monde virtuel que nous avons développé et dans lequel nous évoluons depuis plusieurs mois n’existait plus? Il est essentiel de nous y préparer rapidement et globalement. Cette année, nous avons toutes et tous expérimenté que le risque n’est pas un concept théorique élaboré par quelques pessimistes.

Mais la présente crise comporte aussi des chances. Les collaboratrices et collaborateurs du Secrétariat général de la FMH ont récemment dû organiser en un temps ­record une Chambre médicale virtuelle qui devait ­répondre à des impératifs techniques et légaux complexes. Cette prouesse n’a été possible que grâce aux compétences professionnelles, à la flexibilité, au respect et à la confiance mutuelle. Je suis très heureuse de cette réussite et d’être à la tête d’une équipe aussi engagée.

J’en suis convaincue, nombre d’entre vous auront aussi su saisir leur chance ou auront encore l’occasion de le faire.

Ce n’est pas notre dernière année en compagnie d’un hôte indésirable et ce ne sera pas la dernière en présence d’un cadeau empoisonné difficile à éradiquer. Mais nous pouvons tirer le meilleur de cette situation, ne pas abdiquer, rechercher des solutions et mieux nous préparer, dans l’espoir d’être à même de relever les défis de demain et redevenir – en apparence du moins – maîtres de la situation. Comme le dit le proverbe: l’espoir fait vivre.

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