Courrier / Communications

Suicide collectif?

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2020.18972
Date de publication: 03.06.2020
Bull Med Suisses. 2020;101(2324):747

Pfr. Dr. Ebo Aebischer, Muri bei Bern 

Suicide collectif?

Lettre concernant: Biedermann A, et al. Suicide collectif. Bull Med Suisses. 2020;101(19–20):639.

Oui, il est vrai que tous, nous devons «bien mourir de quelque chose» ou par quelque chose, et il est vrai aussi que les médecins sont tenus de lutter contre les causes qui peuvent conduire à la mort. Ce combat permanent ne pourra jamais être gagné. Et médecins et personnel soignant qui se vouent à la lutte contre les maladies en sont très conscients. Leurs efforts compétents et continus et les progrès scientifiques ont finalement permis d’allonger considérablement la durée de vie des humains. Mais tout le monde finit par mourir d’une manière ou d’une autre. Au vu de cette réalité, certaines gens ont décidé de se faire congeler… jusqu’au moment où la mort sera vaincue. D’autres personnes en revanche sont arrivées, au cours de leur vie (et plus ils vieillissent, plus ils sont nombreux), au point où ils ne veulent plus continuer à vivre. Il est ­légitime que les spécialistes (psychiatres, ­psychologues) se sentent obligés d’aider ces ­personnes souffrant de ou dans leur vie, à retrouver le chemin d’une existence où il fait bon vivre. Car il s’avère souvent que beaucoup de ceux ou celles qui souffrent n’ont pas vraiment envie de mourir. Mais ce qu’ils ou elles veulent, c’est ne plus vivre AINSI. Cependant, s’il n’est pas possible de faire disparaître cet «Ainsi», ce mal qui les ronge, alors il peut être au service de la compassion humaine de ne pas entraver la réalisation de leur désir de mourir.

Que les auteurs de la lettre de lecteurs «Suicide collectif» écrivent «nous ne pouvons… pas accepter… l’idée du suicide d’une personne» me fait penser à un fantasme d’omnipotence hostile. Il s’agit d’une affirmation volon­tariste négligeant la réalité que tout ne peut être guéri et que, en fin de compte, la mort – heureusement – appartient à notre condition humaine. L’idée d’une vie éternelle collective me paraît aussi aberrante que la crainte d’un «suicide collectif» vers lequel «nos dirigeants nous conduisent actuellement» en raison du «réchauffement climatique». Ce qui m’irrite dans la discussion néces­saire sur les efforts de maîtrise du réchauffement climatique, c’est qu’on ne dit presque rien sur les auteurs-pollueurs qui provoquent la catastrophe vers laquelle nous nous dirigeons: nous, les citoyens de la terre.

Si le problème de l’explosion de la population n’est pas abordé et que rien n’est fait à cet égard, il est peu probable que le crash de l’«aéronef qui s’appelle Planète Terre» puisse être évité.

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