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Courrier / Communications

Changement de paradigme

DOI: https://doi.org/10.4414/bms.2017.05556
Date de publication: 05.04.2017
Bull Med Suisses. 2017;98(14):433

Dr méd. Virgile Woringer, Lausanne

Changement de paradigme

Courrier au sujet de Brandenberg JE. L’ambulatoire avant le stationnaire: première étape du rationnement. Bull Méd Suisses. 2017;98(8):258.

Aucune «Schadenfreude» dans mon propos. Mais la décision lucernoise dont faisait état notre confrère dans le numéro 8/2017 du BMS («L’ambulatoire avant le stationnaire: pre­mière étape du rationnement») montre bien quelles seront les adaptations nécessaires dans plusieurs ­domaines dans les années qui viendront. On ne peut pas en tant que médecin, contraint par la loi à l’économicité comme tout acteur de la santé, à la fois vouloir travailler seul, en autarcie, sans tenir compte de «guidelines» raisonnables, donc de réviser quand il y a lieu ses connaissances et ses procédures, et surtout ses croyances sur ceci ou cela. Si on promeut une pratique respectueuse de son art, il doit tenir compte de ce qui est scientifiquement établi, les faits, à condition que les méthodes d’analyse soient pertinentes. Les attaques sur le tarif sont désagréables, quelquefois injustes, mais on ne peut pas les graver dans le marbre, puisque les choses ont changé! Le principe du calcul selon l’économie d’entreprise pour le cabinet médical est bon, mais alors à quelle hauteur mettre la barre? Toutes ces questions le médecin ne les aime pas, partageant en cela le désamour universel pour le changement non consenti. La décision lucernoise, teintée d’opportunisme tarifaire du fait de la loi actuelle, sur laquelle il est bon de s’interroger, voire de la contester, ne peut pas être taxée de déraisonnable, puisque bon nombre de procédures sont possibles et moins coûteuses en ambulatoire, et préféra­bles pour le patient. Oui, le médecin décide, et décidera, mais il ­devra justifier s’il s’écarte d’un nouveau principe: juste un changement de paradigme. Il faudra des structures adaptées, comme «l’hôtel des patients» mis à côté du CHUV, pour les cas particuliers: un système plus modulaire. Réflexions d’un vieux briscard, qui a travaillé quatre ans au tiers-monde, et a dû faire le mieux avec ce qu’il y avait à disposition, sans y perdre son âme, au contraire!

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